Lorsqu’on se livre à l’examen de son arbre généalogique, on peut observer des répétitions de dates, prénoms, évènements, métiers etc… sur plusieurs générations

ce qui produit l’effet paradoxal d’une continuité inébranlable et en même temps celui du télescopage de la temporalité.
Qu’il s’ agissent de traumas, deuils non faits, secrets, non-dits, violences, abus, vécus dans les générations précédentes,

ceux –ci ont laissé leurs traces psychique et/ou physique chez leurs descendants par le fait même de n’avoir pas pu être élaborés.

Le schéma répétitif poursuit sa course, cherchant par ces rappels de dates, d’évènements, de prénoms.. à commémorer la place d’un ancien qui ne doit pas être oublié tout en restant tabou.

Cet héritage souvent bien encombrant et insoupçonnable se rappelle à la loyauté de ses membres lors de situations ou d’évènements du présent venant faire écho au vécu antérieur d’autres générations.
Il faut savoir que l’enfant enregistre les données du schéma répétitif à travers les comportements non verbaux de son entourage.

Quand il s’agit de secrets par exemple, l’enfant « sent » que quelque chose est caché, tabou, interdit de paroles; mais il va taire ses ressentis pour adhérer au déni familial et exprimer ses sensations confuses sous forme de somatisations ou de comportements inhabituels très embarrassants pour ses parents.
L’enfant devenu adulte retrouve ses sentiments et sensations confuses face à des situations de son présent qui viennent rappeler un contexte, des configurations relationnelles ou un évènement vécu dans le passé familial. Pour échapper à l’état d’angoisse et la charge émotionnelle qui l’ envahit il va agir ce qu’il ressent et reproduire ainsi une situation qui ressemble à ce qui a été vécu antérieurement. Par exemple, en cachant à un enfant qu’il y a eu dans sa fratrie un frère ou une soeur décédé avant lui, cet enfant va exprimer des symptômes en lien avec le membre décédé. Devenu adulte, et dans une position parentale, l’ombre de cette place endeuillée qui n’a pu être parlée va ressurgir, créant une anxiété qui fait l’objet d’une projection sur la place de son enfant. Cela va se traduire par une angoisse qu’il lui arrive quelque chose, de le surprotéger, ce qui aura le même effet sur l’enfant, car exposé aux angoisses de son parent, il se retrouve mis à une place menaçante sans en comprendre le sens.
Cela apparaît principalement lors de passages génératifs ou de crises familiales (naissance, adolescence, mariage, séparations affectives, décès, mutations..).

Par exemple : la crise conjugale qui s’envenime pour arriver à une situation d’impasse ou la seule solution envisageable est la séparation. Chacun avait fait le choix de l’autre dans le projet d’avoir un couple solide tout en ayant secrètement la crainte que l’autre l’abandonne.

La peur cachée, non dite, est souvent fondée sur une réalité vécue à une autre génération et ayant eu des conséquences désastreuses sur la cohésion familiale.

En conscientisant les ressorts souterrains de la relation, on peut trouver pour les conjoints, une date anniversaire inscrite dans les mémoires inconscientes et qui a été activée pour « marquer » l’évènement antérieur, cela ne va peut-être rien changer dans la décision de se séparer, mais apporte un sens qui permet de s’orienter différemment dans le présent et le futur.
Ces « rendez-vous » avec la mémoire familiale ne peuvent prendre sens que lorsque les interférences transgénérationnelles sont conscientisées.
Les symptômes se manifestent généralement à travers des comportements inadaptés aux situations qui se présentent : angoisses, débordements émotionnels,

conflits exacerbés, sensations confuses de mal-être, symptômes dépressifs, phobies, addictions, voire des troubles psycho-pathologiques ( comportements délirants par exemple).

La phrase qui exprime les transmissions inconscientes à l’œuvre , est : » ça me dépasse«


Exemple : Une jeune maman demande de l’aide car elle n’arrive pas à s’attacher à sa fille de 2 mois. Elle dit se montrer indifférente et distante dans la relation affective,

le toucher avec son bébé.

Elle supporte très mal ses pleurs qu’elle interprète comme des colères.

Dans le dessin de son arbre généalogique, on décèle que sur au moins 4 générations, un certain nombre d’enfants sont mis en nourrice, élevés par une autre personne,

et des mystères planent sur des enfants qui auraient pu être abandonnés, fruits d’un adultère.

Cette prise de conscience provoque chez elle beaucoup d’émotions et le souvenir que sa mère lui disait que lorsqu’elle était toute petite, elle la laissait chez une voisine ni maternelle, ni maternante et qu’elle pleurait beaucoup.

Elle va apprendre aussi un peu plus tard par une de ses tantes maternelles que sa mère ne voulait pas d’enfant, que la grand-mère maternelle ayant été destituée de ses droits parentaux, les 3 soeurs avaient été séparées et trimballées dans des familles peu accueillantes. Cette part de l’histoire lui était inconnue et ces mises en lumière du passé de la branche maternelle ont éclairé le présent de cette jeune femme qui commence à regarder et à s’approcher de sa fille avec plus de tendresse.
La thérapie transgénérationnelle aide à comprendre, et à libérer les situations souffrantes de l’histoire familiale en investiguant à partir du génosociogramme les informations issues des prénoms, places, dates, métiers, évènements – syndromes anniversaires qui renseignent sur les transmissions inconscientes spécifiques à chaque place d’une génération. Ainsi, en revisitant et en réhabilitant les places de chaque membre ayant composé le système familial, l’individu peut alléger ses tensions internes et trouver une juste distance par rapport au passé familial.


La thérapie transgénérationnelle, engage le corps tout autant que la parole en travaillant sur la restauration des liens intergénérationnels et sur l’enracinement du sujet dans sa place d’origine.
la pratique de la constellation familiale permet de :
• – retrouver du sens à sa place dans la famille ainsi que dans l’espace socioprofessionnel ;
• – se relier à ceux connus et inconnus de sa généalogie ce qui renforce le sentiment d’identité et d’appartenance ;
• se distancer des souffrances de l’histoire familiale et s’alléger des dettes de loyautés
• recontacter l’ouverture dans le présent en libérant l’âme des fardeaux hérités.
• s’approprier son héritage afin de pouvoir en disposer librement et de manière adaptée.
• revenir à Soi, dans la confiance et la conscience de sa vie ( de sa place dans le monde), des ressources à disposition, issues de l’arbre généalogique prêtes à être éveillées au profit de son épanouissement.